Nation Naskapi de Kawawachikamach

Naskapi

Les Naskapis et leurs ancêtres vivent sur les terres intérieures de la péninsule Québec-Labrador déjà depuis des temps immémoriaux. Ils ont toujours mené un mode de vie nomade à la poursuite des hardes de caribous, de la baie d'Hudson à l'ouest jusqu'à la côte du Labrador à l'est, et de la côte méridionale de la baie d'Ungava au nord jusqu'aux abords de Labrador City au sud. Dès le début du XIXe siècle, ils ont commencé à se regrouper de manière temporaire et saisonnière à divers postes de la Compagnie de la Baie d'Hudson et à certains endroits de prédilection pour la chasse, notamment au lac de la Hutte Sauvage sur la rivière George.

Les Naskapis ont été contraints de se déplacer à plusieurs reprises entre le milieu des années 1800 et 1900 au gré de certains intérêts et besoins commerciaux dont ceux de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Les principales relocalisations se résument comme suit : vers Fort Chimo (situé sur la rive de la rivière Koksoak face à l'emplacement actuel de Kuujjuaq) en 1831; vers Fort Nascopie (à proximité du lac Petitsikapau), au Labrador, en 1842; vers Fort Mackenzie (à proximité de la chute du Schiste de la rivière Caniapiscau) en 1915; à nouveau vers Fort Chimo en 1948 et enfin vers Schefferville en 1956.

De 1956 à 1972, les Naskapis ont cohabité avec la Nation Innu Matimekush-Lac John à Lac John, puis sur la réserve Matimekush jusqu'en 1983.

En 1983, les Naskapis ont déménagé à Kawawachikamach, village situé à proximité du 55e parallèle dans le nord du Québec et adjacent la frontière du Labrador. Kawawachikamach se trouve à environ 15 km au nord-est de Schefferville et à 525 km par voie ferroviaire au nord de Sept Îles.

Kawawachikamach a été construit entre 1980 et 1983, tout juste après la signature, en 1978, de la Convention du Nord-Est québécois ("CNEQ"), deuxième traité moderne conclu au Canada notamment entre le gouvernement du Québec, le gouvernement du Canada et les Naskapis de Schefferville.

La communauté occupe des terres de catégorie IA-N qui couvrent une superficie de 41,44 km2 et s'apparentera à une réserve, en ce sens qu'il s'agit de terres provinciales dont la gestion administrative a été confiée au gouvernement du Canada pour l'usage exclusif des Naskapis.

Première loi sur l'autonomie gouvernementale des Autochtones adoptée au Canada, la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec de 1984 a marqué le transfert de nombreux pouvoirs relatifs à l'administration locale jadis exercés par le gouvernement du Canada à la jeune Bande Naskapi du Québec, qui jouissait dès lors d'une plus grande autonomie que celle conférée aux bandes indiennes par la Loi sur les Indiens. La Bande Naskapi du Québec a remplacé la Bande Naskapis de Schefferville créée par décret en 1971 en vertu de la Loi sur les Indiens. En avril 1996, le Conseil a décidé que la bande soit renommée"Nation Naskapi de Kawawachikamach". Cette modification est entrée en vigueur en mai 1999.

Les négociations entourant la CNEQ partaient en grande partie du principe que Schefferville demeurerait un centre minier prospère pour l'avenir prévisible. Or, la fermeture des mines à peine cinq ans après son entrée en vigueur a entraîné en 1990 la signature de l'Entente concernant la mise en oeuvre de la convention du Nord-Est québécois. Celle-ci a notamment permis de définir le modèle de financer les budgets d'immobilisation et d'exploitation et entretiens pour des périodes de cinq ans et également de mettre sur pied un groupe de travail responsable de planifier la création d'emplois pour les Naskapis.

Le Conseil de la NNK est composé d'un chef et de cinq conseillers. La bande exerce ses pouvoirs et fonctions par l'intermédiaire de son chef et son conseil, élus pour un mandat de trois ans.

En date du 31 mars 2011, la NNK comptait 1 128 membres, dont 842 vivaient sur les terres de catégorie IA-N. Sa population - dont près de 60 % a moins de 30 ans - a presque doublé en l'espace de vingt ans.

La plupart des Naskapis parlent le naskapi, leur langue maternelle. Tous parlent l'anglais, à l'exception des aînés. Plusieurs d'entre eux maîtrisent l'innu aimun (montagnais), et quelques-uns possèdent une bonne connaissance du français.

Les Naskapis conservent encore de nombreux aspects de leur culture et de leur mode de vie traditionnel. À l'instar de nombreuses collectivités nordiques, les Naskapis dépendent de la chasse, de la pêche et du piégeage de subsistance pour une partie de leur alimentation et pour de nombreuses matières brutes.

Par ailleurs, les activités d'exploitation sont au coeur de leur spiritualité.

Pour plus de renseignements, veuillez consulter http://www.naskapi.ca/.